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Le Respir

Le Respir, écrit par Saintclair H.J

aux éditions du Chat Noir

« Je ne souffrirais pas si j’étais votre hôte, et je veux vivre dans le faîte de la croix qui orne votre sépulture. Je veux entendre toutes les nuits le conte de votre mort et la perte de votre respir. Faites-moi écouter le goût salé de la noyade (…). (…) tombons ensemble dans les immensités silencieuses où se reflètent les comètes de vos yeux tristes. »

Résumé

Pierre Francillon est un lycéen suicidaire, persuadé d’avoir causé la mort de son professeur de lettres par la simple pensée. Traumatisé, il repousse toutefois l’instant où il mettra fin à ses jours lorsqu’il découvre que son remplaçant ne respire pas : mort et vivant à la fois. Obsédé par cette révélation, il développe une fascination morbide pour ce jeune enseignant. Alors que son entourage tente par tous les moyens de tempérer sa névrose, Pierre débute une enquête sur ce mystérieux personnage. Se construit alors une relation idolâtre avec la mort elle-même, entre attirance maladive et répulsion instinctive.

Avis


Le respir est un conte gothique où le gris est prédominant. Le langage est soutenu et me rappelle les poèmes de Charles Baudelaire et de son spleen. D’ailleurs l’auteur cite les fleurs maladives en référence aux fleurs du mal.

C’est tout en poésie que l’auteur nous promène dans le cimetière du père -Lachaise, sous des jours de pluie à visiter des tombes. Pierre est fasciné par son nouveau professeur de lettres, il lui voue un fanatisme, une obsession maladive que tous ses sens deviennent tourment. Il pense qu’il n’est qu’un manteau de chair sur une silhouette vide, un cadavre vivant. Tout le livre repose sur une enquête autour de Mr Aubespin, à savoir qui il est réellement. Pierre est un ado nécrophile avec une fascination pour le morbide. J’ai aimé cette ambiance où l’on côtoie la mort comme une amie proche. C’était beau, vivant au delà des mots, émouvant. Il s’échappe de ce roman une belle sensibilité.

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L’ours et le Rossignol

L’Ours et le Rossignol, écrit par Katherine Arden

aux éditions Denoël

« Je préfère mourir demain dans la forêt plutôt que de vivre cent ans de la vie qui m’a été choisie. « 

Résumé

Au plus froid de l’hiver, Vassia adore par-dessus tout écouter, avec ses frères et sa sœur, les contes de Dounia, la vieille servante. Et plus particulièrement celui de Gel, ou Morozko, le démon aux yeux bleus, le roi de l’hiver. Mais, pour Vassia, ces histoires sont bien plus que cela. En effet, elle est la seule de la fratrie à voir les esprits protecteurs de la maison, à entendre l’appel insistant des sombres forces nichées au plus profond de la forêt. Ce qui n’est pas du goût de la nouvelle femme de son père, dévote acharnée, bien décidée à éradiquer de son foyer les superstitions ancestrales.

Avis


Il est des livres que l’on ne peut oublier et qui vous prend au cœur.

L’ours et le rossignol est un conte sombre et cruel, teinté de poésie. Ce rapport à la nature est sublimée par la magnifique plume de l’auteure. L’hiver et ses étendues enneigées nous plongent au cœur de la Russie septentrionale aux forêts impénétrables. L’univers, emprunté au folklore, nous saisit par son froid mordant dans un village entouré de glace, de forêt et d’esprit. Le style de l’auteure est contemplatif , lent ce qui permet une belle immersion, le tout ponctué d’un vocabulaire particulier appartenant au russe. ( un lexique est fourni à la fin du livre). Elle revisite plusieurs contes qu’elle entremêle et réussit à nous offrir une fresque poétique et onirique. Nous découvrons des créatures invraisemblables comme la Roussalka, le Domovoï, ainsi que la vie rude des paysans. Ce livre dénonce particulièrement l’intolérance religieuse, de la place du christianisme au détriment des croyances et des traditions païennes. Vassia est attachante, sensible, indépendante, prête à donner sa vie pour les siens. Quant au roi de l’hiver , je suis partagée entre son sarcasme et son affection. J’ai hâte de conclure cette trilogie car j’ai dévoré le tome 2 en quelques jours !

Vous l’aurez compris, ce livre a conquis mon cœur !

Et vous, êtes-vous prêts à enfiler vos moufles et votre grosse écharpe en laine pour arpenter la forêt et rencontrer le roi de l’hiver ?

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Thorngrove

Thorngrove, écrit par Cécile Guillot

aux éditions Lynks

« Il s’est approché de moi. Il a posé sa main sur mon front. Et j’ai senti. Le néant. Le vide. Tout était noir autour de moi. En moi. J’ai eu si froid. J’ai toujours froid… Le cœur gelé comme un flocon de neige. J’aurais tellement voulu le réchauffer, mais j’ai peur qu’il fonde, qu’il disparaisse, car alors que resterait-il ? Une enveloppe vide, une carcasse, comme ces pauvres animaux morts… »

Résumé

Thorngrove. Sa forêt d’épines. Son manoir abandonné. Sa légende noire. Ses jumelles maudites. Lorsque Madeline débarque dans une petite ville du Wisconsin et s’interroge d’un peu trop près à Thorngrove, un vieux domaine isolé, elle déclenche une série d’événements de plus en plus inquiétants. Et lorsque sa sœur est touchée, son comportement devenant de plus en plus étrange, Madeline se demande quelles forces obscures elle a bien pu réveiller…

Avis


Thorngrove est un tableau inquiétant et sombre avec sa forêt d’épine et son manoir abandonné. Mais que recèle cet endroit ? Des événements étranges surviennent tout le long de l’histoire. Madeline et Meadow sont deux sœurs aux caractères opposés et à la sensibilité différente. Le rythme de la lecture est dynamique grâce à des chapitres courts et les différents points de vue des personnages. L’auteur nous plonge dans une torpeur au fur et à mesure que s’esquisse le véritable danger, comme ces ronces qui imprègnent ces pages jusqu’à envahir tout nôtre être. J’avoue que le début m’a fait peur au point d’en faire un cauchemar. Au bout du compte, les personnages sont attachants malgré l’égoïsme de Madeline, elle m’a un tantinet agacé. L’auteure ne sait pas attarder sur les détails se concentrant principalement sur le sujet principal. Malgré tout, j’ai plus apprécié Blaine bien que j’aurais aimé en apprendre davantage sur son histoire. L’écriture est immersive, belle que je n’ai pas vu défiler les 266 pages. Par contre, j’ai trouvé dommage que cette fin soit bâclée et trop expéditive à mon goût.

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Fachinèira

Fachinèira, écrit par Orezza D’Antes

aux éditions Octoquill

« Qui peut le bien peut le mal, qui peut le mal peut le bien »

Résumé

Fachinèira, Fée noire, ombre fascinante : vue partout et présente nulle part. Elle est de ces créatures que l’on invoque pour mieux les conjurer. Son nom flotte dans les esprits et ouvre les frontières d’une autre réalité, entre imaginaire et perfidie. Pourtant, personne ne la connait vraiment. A part, une vieille conteuse du Velay. Mais qui sait quels autres secrets cache cette femme? Alice Grèzes, jeune journaliste de l’essor de la Haute-Loire, la contacte pour écrire un article sur les légendes locales. Rien ne l’avait préparée à la suite. Il est des rencontres que l’on ne regrette à jamais.

Avis


La Fachineira est à la fois une réalité dans les contes et légendes du Velay et une présence évanescente, un corps de brume onirique. Elle n’est ni bonne , ni mauvaise. Elle est un fantôme qui habite les esprits de son ombre, une incarnation, un nom qui fascine autant qui terrifie. Elle peut être partout à la fois.

Quand Alice rencontre La conteuse Madame Cubizolles pour son travail, sa vie va prendre un tournant cauchemardesque. L’écriture est fluide, parfois tranchante et agressive. L’auteure a su transmettre des messages sur la transphobie notamment. Mais je n’ai pas été emporté par l’histoire, j’ai été complètement détaché des personnages comme si j’étais spectatrice mais j’ai passé malgré tout un bon moment. L’auteure a su retransmettre une démesure de la folie, une atmosphère angoissante qui peu à peu vire vers l’horreur. J’avais l’impression par moment d’entendre la voix saccadée de la Fachinèira chanter à travers le corps d’Alice, de voir son visage se déliter, de sentir les odeurs s’échapper du livre, c’était assez flippant. La fin était celle que j’attendais, une fin ouverte qui nous laisse dans un flottement de mystère.

Prenez garde, dans les ténèbres opalescentes d’une nuit d’hiver, «  il est des rencontres que l’on regrette à jamais. »

*Je ne sais pas quelle réaction j’aurais eu si j’avais été Alice car au fond on ne peut pas savoir vraiment à l’avance notre comportement si on ne le vit pas la situation.

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Mémoires de la Forêt,

Mémoires de la Forêt, Les souvenirs de Ferdinand Taupe

écrit par Mickael Brun-Arnaud

illustré par Sanoe,

« Le livre expliquait bien que, même si tous les vieux animaux perdaient la mémoire et « déraillaient du ciboulot », la maladie de l’Oublie-tout était une forme plus grave que les simples oublis de la vieillesse: c’était prendre un train en aller simple vers son passé, sans espoir de retour, un périple dont les gares disparaissaient au fur et à mesure du trajet… »

Résumé

Dans la forêt de Bellécorce, au creux du chêne où Archibald Renard tient sa librairie, chaque animal qui le souhaite peut déposer le livre qu’il a écrit et espérer qu’il soit un jour acheté. Depuis que ses souvenirs le fuient, Ferdinand Taupe cherche désespérément à retrouver l’ouvrage qu’il a écrit pour compiler ses mémoires, afin de se rappeler les choses qu’il a faites et les gens qu’il a aimés. Il en existe un seul exemplaire, déposé à la librairie il y a des années. Mais justement, un mystérieux client vient de partir avec… À l’aide de vieilles photographies, Archibald et Ferdinand se lancent sur ses traces en forêt, dans un périple à la frontière du rêve, des souvenirs et de la réalité.

Avis


Nom d’un pépin de pomme, que ce livre est merveilleux !

Mémoires de la forêt est un livre rempli d’émotions, de poésie, de bienveillance autour de la maladie dégénérative de l’oubli -tout qui n’est qu’autre celle d’Alzheimer.

Cette quête que Ferdinand Taupe et Archibald Renard vont entreprendre nous embarquent dans la forêt de Bellecorce à la rencontre de divers personnages tout aussi attachants. Ce que j’aurais aimé rencontrer Ferdinand Taupe pour l’aider à retrouver ses mémoires, il était si perdu, j’avais mal pour lui. Archibald m’a touchée pour sa sagesse, sa patience, son amitié. J’ai une tendresse infinie pour ces deux personnages qui me rappellent le lien que l’on peut avoir avec un grand -père, ( ne me demandez pas pourquoi mais Ferdinand m’a renvoyé à cette figure familiale ) même si dans le livre, les deux personnages sont amis. L’auteur a su retranscrire grâce à sa plume une sincérité profonde sur l’amitié qui résiste au temps, l’amour et la tolérance. C’est une belle leçon de vie. Les illustrations apportent une lueur poétique et m’ont donné une envie de traverser les pages pour me retrouver dans cette belle forêt aux couleurs chatoyantes à la rencontre de tous ses personnages. Ce livre est vraiment à découvrir. J’ai pleuré des larmes de tristesse, de joie et d’espoir. Un seul mot : Magnifique

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Le bois écarlate

Le bois écarlate, écrit par Maude Elyther

aux éditions Kiwi

« La brume vaporeuse porte le parfum suranné d’anciens contes. A la surface de l’eau, l’astre lunaire et ses joyaux reflètent leur froide beauté cosmique. La terre déploie la richesse de sa carnation noire, dans laquelle une pléiade d’arbres centenaires et leurs descendants prennent profondément racines. Les plantes sauvages et autres herbes de sorcières prolifèrent en soupirs alanguis. Bienfaits et poisons se côtoient tels des siamois. Dans ce décor de minuit, une Fumerolle Noire se matérialise. Drapée d’interminables voiles nébuleux, une silhouette évolue parmi la flore. »

Résumé

Un bois inquiétant, des disparitions d’enfants, un romancier en manque d’inspiration perdu, isolé dans une forêt qui n’a rien de naturel…La ville de Treffendel est entourée par un bois qui se teint entièrement de rouge lors de l’automne. Nombre de mystères et de légendes urbaines gravitent autour de lui, mais ses secrets restent cependant bien gardés. Charlie Holzl, un auteur baroudeur qui s’inspire d’histoires sordides pour écrire ses romans, revient à Treffendel où, quelques mois plus tôt, s’est passé un événement macabre : la mort violente de deux enfants.Sous prétexte d’écrire un nouveau livre, Charlie se lance dans une enquête qui le conduira au cœur des mystères du bois, sur les traces d’un animal merveilleux doté de parole.

Avis


Le bois écarlate est un livre sombre et onirique mâtinée d’une part horrifique où la nature est représentée comme une chimère, une fascination, une personne à part entière. Le bois revêt son manteau écarlate et nous envoûte. Le rouge est prédominant et prend plusieurs symboliques à mon sens : le sang, la passion, l’amour, la folie, le crime. La sylve rouge est un réceptacle de fragments de vies incroyables où des monstres chimériques s’esquissent en filigrane et nous perd entre rêve et réalité. J’ai aimé le côté enchantée comme la partie brumeuse et plus inquiétante d’illusions prégnantes. Entre songe fantasmagorique et réalité, l’auteure nous dépeint une atmosphère vaporeuse tout en subtilité. J’ai parcouru ce livre comme une peinture contemplative. C’était beau, mélancolique, touchant par les différentes thématiques abordées. Par contre cette fin me laisse interrogative et laisse beaucoup de questions sans réponses.

Petit aparté : Je dois avouer que la référence à Jared Leto m’a fait plaisir.

Les contes d’ Elfëllía
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Les yeux du vide

Les yeux du vide, écrit par Élodie Loisel

« Sous les brumes argentées de couleur et de vie, se cache paisiblement l’ultime destin. Les pleurs silencieux des cyprès maudits, Chantonnent les ritournelles d’un manège sans fin.Un hymne, un chant, une prière s’élèvent, Le temps commence là où tout s’achève. Sur les marbres arborés de multiples visages, il ne restera de nous que le décompte de notre âge. Les rayons de la lune frôlent les tombes, Et la porte des mystères de l’autre monde. Entre les sépultures des défunts oubliés, il ne restera de nous que le souvenir du passé. Dans le brouillard et la pluie où danse la pénombre, Près de la nuit ou du jour, entre l’hiver et l’été, Plus rien ne perturbe le soir de cette immensité, Il ne restera de nous que le reflet de notre ombre. L’esprit froid, figé, à jamais perdu, Écoute au loin, une fois encore, le carillon teinter. Le sacre de la liturgie scelle cette austère statue, De ce corps fatigué par l’âme qu’il a dû porter. Dans les tréfonds de ma mémoire endeuillée, À tailler sur le bois de mon cercueil, A graver sur l’acier de ma croix, Ne restera de moi, Que l’amour que je t’ai donné. »

Résumé

Le 21 octobre 2014 à 15H55, le corps de Lucie Morin, âgée de 16 ans, est retrouvé dans le Saint- Laurent non loin de Montréal. Dans la nuit du 21 au 22 octobre 2014, Cassy Kérié, jeune diplômée en médecine, célibataire de 27 ans voit sa vie bousculer lorsqu’elle est kidnappée et séquestrée dans un lieu nommé Silver Creek, un chalet de pêche dans le nord du Québec. Elle réussit à s’échapper. Lors de sa déposition, la jeune femme apprend que la maison où elle était retenue prisonnière a été détruite deux ans plus tôt par un incendie. D’un esprit rationnel, Cassy va être confrontée à des forces surnaturelles qui la dépassent quand elle s’aperçoit que Silver Creek a été la scène de crimes effroyables et sordides où cinq adolescentes ont perdu la vie. Déterminée à résoudre l’enquête, elle va devenir la proie d’une machination meurtrière. Et découvrir à ses dépends qu’il vaut mieux parfois laisser enterrer les secrets de famille. Cassy est-elle réellement sortie indemne de cette nuit traumatisante ? A-t-elle établi un lien avec le tueur défunt ?

Mon avis


Dès les premiers chapitres, le suspense est haletant. L’auteure réussit à mener son histoire tambour battant dans un thriller psychologique alliant avec forte dose le paranormal. Les personnages sont vraiment approfondis et le récit est riche de subtilité pour tromper le lecteur. Les chapitres défilent vite et au fur et à mesure les personnages se révèlent tous comme des potentiels suspects. Cassy enquête sur le meurtre de cinq jeunes filles et nous évoluons avec elle au fil de cette lecture par des révélations toujours surprenantes, ce qui rend la lecture vraiment addictive. D’histoires de famille enfouis à des meurtres aux atrocités sordides qui nous mène dans la ville maudite de Yukiton. J’ai essayé de lire modérément pour prolonger le plaisir mais impossible de résister à la plume de l’auteure et de connaître le dénouement de l’histoire. Par contre, j’ai trouvé la fin un peu trop rapide à mon goût.

Les contes d’ Elfëllía

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Dans les bois

Dans les bois

Ecrit par Harlan Coben

« Je tourne le dos à la femme que j’aime. Je m’attends à ce qu’elle me retienne, mais elle n’esquisse aucun geste. Elle me laisse partir. J’entends ses sanglots. Je m’éloigne jusqu’à sortir des bois et rejoindre la voiture. Je m’assieds par terre et ferme les yeux. Elle finira bien par rebrousser chemin. Alors j’attends. Je me demande où nous irons une fois qu’elle sera revenue. Repartirons-nous ensemble ou bien, après toutes ces années, les bois auront-ils fait une nouvelle et dernière victime ? »

Résumé

Eté 1985, New Jersey. Paul Copeland est animateur d’un camp de vacances à la lisière des bois. Une nuit, il abandonne quelques heures son poste. Quatre jeunes en profitent pour s’éclipser, dont sa sœur, Camille. On ne les reverra plus. Seuls deux corps seront retrouvés. On attribuera leur mort à un tueur en série qui sévissait dans la région. Vingt ans plus tard. Paul est devenu procureur. Alors qu’il plaide dans une affaire de viol, il est appelé à identifier un corps. Stupéfait, il reconnaît formellement Gil ferez, un des disparus. Pourquoi les parents de Gil s’obstinent-ils à nier son identité? Et si Gil a été en vie tout ce temps, se pourrait-il que Camille le soit aujourd’hui? Bien décidé à faire la lumière sur le drame qui n’a jamais cessé de le ronger, Paul va replonger dans les souvenirs de cette terrible nuit…

Avis


Comment faire durer un livre dont les rebondissements et les révélations s’enchaînent ? Ça a été compliqué de me contenir pour ne pas le dévorer en 2 jours. J’ai beaucoup apprécié que l’auteur entrecroise des enquêtes pour donner plus d’intensité, de suspense, et du rythme. Le style d’écriture est dynamique dans le sens où il y a très peu de narration mais beaucoup de dialogue. J’ai également apprécié que l’auteur joue sur deux points de vue narratifs . La première personne est employée pour Paul, ce qui permet de le connaître intimement et de s’attacher plus facilement. Et la troisième personne est désignée pour les différents suspects potentiels. L’écriture est légère mais l’univers nous plonge dans un monde sombre. Les personnages sont attachants, réalistes. Il est sans conteste maître dans l’art de nous tenir en haleine jusqu’à la dernière page. Et cette fin ! Parlons-en de cette fin !!! C’est un crime de nous laisser en plan sur une fin alternative ! Je ne sais pas encore celle que je choisis pour clôturer l’histoire. J’ai eu beaucoup de mal à lâcher ce livre. Un bon thriller que je recommande.

Les contes d’Elfëllía

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Sans mon ombre

Sans mon ombre,

Ecrit par Edmonde Permingeat

« Les claques s’abattaient, retentissantes. Célia recula, haletante, la bouche ouverte, les bras tendus, tentant de parer les coups, mais Alice frappait, frappait… Animée par la furie de détruire, d’anéantir « L’autre ». De briser son miroir vivant. »

Résumé

Dangereux reflets. Alice a tué Célia, sa jumelle. Son reflet, un alter ego inversé dont elle enviait la vie de rêve. Alors que, célibataire, elle doit gagner sa vie en enseignant la philosophie, sa jumelle, épouse et mère comblée, mène l’existence oisive des riches, dans le luxe et un magnifique cadre de vie au bord de la mer. Mais la mort de Célia va permettre à Alice de prendre sa place. Du moins le croit-elle. Car au « pays des merveilles », ce n’est pas le bonheur mais le désenchantement qui l’attend. La vie d’Alice de l’autre côté du miroir va tourner au cauchemar… jusqu’à lui faire réaliser, mais un peu tard, que le beau miroir était celui des alouettes…

Avis


La couverture de mon livre est trompeuse car « Sans mon ombre » n’est pas un polar, ni un thriller mais l’histoire d’Alice qui tue son autre pour s’approprier sa vie. Bien qu’il y ait un meurtre, il n’y a pas d’enquête policière, ni de rebondissements, ni d’actions. C’est un roman qui nous dépeint un tableau de vie avec une tension psychologique prégnante. Jalouse, Alice veut prendre la place de Célia qui a une vie dorée ( une belle maison, un mari, une piscine et un tas d’amis) mais les apparences sont trompeuses et bien au delà dans un monde qui grouille d’hypocrisie, de faux semblants, de manipulation, et entourée de snobinards orgueilleux et tordus. Outre les nombreuses incohérences du récit, j’ai apprécié la plume fluide de l’auteure et la tension qui règne durant tout le livre. Alice est un personnage assez cru, noir mais j’ai aimé tout le côté développé de la gémellité, de devoir détruire l’autre à tout prix. De plus, son humour ne manquait pas de piquant. C’est le personnage de Maxime que j’ai trouvé moins convaincant. L’auteure n’a pas assez approfondi la perversité narcissique, c’est resté trop en surface à mon goût. Ce livre se scinde en deux parties. Dans la première partie nous découvrons Alice et son caractère bien trempé et la façon dont elle s’y prend pour tromper son monde. Dans la seconde partie, nous faisons connaissance avec Célia grâce à la découverte de son journal intime. Célia est le personnage qui m’a le plus émue. Elle était touchante par sa sensibilité. Le dénouement est assez violent. On reprend d’autres personnages et on recommence l’histoire. Malheureusement, la perversité narcissique n’est pas reconnu puisqu’il est difficile de prouver aujourd’hui les manipulations dont subissent les victimes. Les pervers narcissiques sont difficiles à démasquer et sont très forts à ce jeu de dominant / dominé et l’auteure l’a bien compris. Je ne dirais pas que j’ai aimé, ni détesté ce livre. Tout est bien amené jusqu’au final.

Les contes d’Elfëllía

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Myrihandes

Myrihandes, le secret des Âmes-sœurs, Tome 1

Écrit par Guilhem Meric, aux Éditions « Au diable Vauvert »

Album composée par Christophe Houssin

« Les deux Âmes – sœurs déplièrent leurs bras l’une vers l’autre en une étrange valse faite de mouvements fluides et délicats, dont l’élégance et la virtuosité confinaient au merveilleux. La danse des gestes les recouvrît bientôt toutes les deux d’une vive lumière presque palpable et, sous les feulements haineux des Félinides, apparût alors le Myrihande, son corps scintillant comme les rayons d’un soleil éternel. »

Résumé Tome 1

Sur la montagne Pan-Kaïa, Sisam et Helya vivent dans les Trois Cités jumelles. Séparés par un destin malheureux, ils se retrouvent quinze ans plus tard pour apprendre qu’ils sont des Âmes-Soeurs capables de faire revivre les Myrihandes, des êtres aux pouvoirs de légende, traqués par le mystérieux seigneur Kryom. Pour libérer les autres Âmes-Soeurs prisonnières, ils vont devoir tout apprendre de ce lien qui les unit et qui pourrait faire d’eux le plus sage et plus puissant des Myrihandes…

Avis


Un très gros coup de cœur pour ce premier tome. Dès les premières lignes, nous sommes happés par l’histoire. Tout s’enchaîne. Je n’ai pas vu défiler les 500 pages. Impossible de décrocher. L’auteur a une plume envoûtante, raffinée et complètement immersif. Il nous emporte dans son monde imaginaire très bien construit et si bien détaillée. Le récit est dynamique. Les personnages sont bien travaillés et vraiment attachants. J’ai eu peur pour Helya au tempérament fougueux et avide de liberté et de Sisam, au caractère plus calme et plus protecteur. J’ai pleuré et j’ai angoissé en même temps qu’eux. Je me demandais à chaque fois comment pourraient-ils se dépêtrer de certaines situations. Une histoire d’âme sœurs basée sur le mythe des androgynes d’Aristophane qui m’avait été contée lors de mon voyage en Grèce et qui n’est pas sans me rappeler une rencontre, mes rêves. Ce livre raconte un peu mon histoire, j’ai vraiment été touchée par cette trilogie. Je suis connectée à une personne sans jamais l’avoir revu. Mais dans la réalité, je me demande si une telle fusion entre deux -êtres que nous narre l’auteur ne seraient pas la communion entre deux âmes jumelles, autrement dit flamme-jumelle.


Myrihandes, Le gardien de l’Apre-Monde, Tome 2

« Pour la première fois de leur vie, ils découvraient le lever du soleil à travers le même regard, les mêmes battements de cœur. Le vent frais s’engouffrait dans leurs cheveux, glissait le long de leur peau nimbée de lumière. Ils riaient et voltigeaient dans les airs, inlassablement, embrassant du regard leurs cités s’éveillant doucement aux lueurs de l’aube. »

Résumé Tome 2

Sisam et Helya ont fait la fabuleuse expérience de leur pouvoir de Myrihande. Mais s’ils ont remporté une bataille, la guerre n’en est pas finie pour autant. Kryom, qui a juré leur perte et celle de tous leurs alliés, connaît désormais le refuge secret d’un des anciens Gardiens de Saänkalum et va tout mettre en œuvre pour s’emparer de sa Clef.Guidés par Ecleïes, Sisam, Helya et leurs compagnons prennent le chemin des terres sauvages de l’Âpre-Monde dans l’espoir de retrouver le vieux Gardien avant lui.Profondément marqué par le drame qui a touché sa famille, Hemerod a pris la relève d’Ecleïes au sein de la Guilde du Second Souffle. Accusé de haute trahison par les siens, il s’efforce de faire barrage au Gouverneur Hacton, dont les sombres desseins pourraient sonner le glas des Trois Cités…

Avis


C’est fantastiquement l’un des meilleurs livres fantasy où j’ai eu plaisir à m’évader. J’ai vraiment pris mon temps à cette lecture. Je ne voulais rien manquer. Juste à me délecter de la magie qui opère page après page. Les paysages décrits par l’auteur sont magnifiques. La nature est vivante plus que jamais et regorge de détails. J’avais l’impression de découvrir l’âpre – monde en même temps que les protagonistes. Les rencontres avec les différents peuples hostiles enrichissent la genèse de l’histoire. Les personnages sont travaillés plus en profondeur que le premier tome, plus tourmentés J’ai retrouvé quelques airs d’Anima de Mary Sara par rapport aux gardiens possédant chacun la capacité de contrôler les élémentaires. Dans ce tome, l’auteur apporte une note plus sombre, plus épique, plus machiavélique et les véritables enjeux menés par certains gouverneurs sont un peu plus dévoilées au fil de la lecture. Plusieurs intrigues s’entremêlent. J’ai apprécié que les chapitres soient assez courts. Les changements de personnages principaux et secondaires donnent au récit une bonne dynamique. La plume est vraiment belle et addictive. Certaines métaphores nous rappellent ce en quoi l’humanité s’est battue. Des messages d’actualités qui nous rappellent sans cesse que le monde court à sa perte si nous prenons pas le temps de s’aimer, de nous aimer. Ce sentiment de toute puissance, cet amour inconditionnel qui unit deux âmes en un seul être. C’est beau, c’est fort. C’est vraiment un beau message universel à transmettre. Les annexes proposées en fin de livre m’ont permise de retrouver des talents comme Isabel Pecot. J’ai savouré aussi la musique qui accompagne cette lecture. Tellement parfaite. En un mot, ce tome est un vrai diamant à l’état pur. Je recommande à cent pour cent.


Myrihandes, Le lac aux larmes d’Or, Tome 3

« Nul ne connaissait mieux que nous la beauté d’une âme. La danse merveilleuse de cette force de vie au moment de s’unir à sa flamme jumelle. Nul autre ne pouvait s’enchanter de cette rencontre bouillonnante, de ces fontaines de lumière tournoyant l’une avec l’autre pour se goûter, s’apprivoiser. Depuis toujours, où du moins depuis un âge si lointain que j’en ai perdu le souvenir, notre rôle consistait à guider le chemin de toutes ces âmes à travers le temps et l’espace, afin qu’elles renaissent encore et encore dans l’harmonie et l’amour de ce monde. »

Résumé, Tome 3

Échoués dans le grand Désert du Nord, Sisam et Helya trouvent asile dans un étrange royaume. Minés par l’amertume et le doute, ils vont découvrir que ce peuple du bout du monde est frappé d’une ancienne et terrible malédiction. Recueilli par le peuple Anachrone et soucieux de retrouver ses amis, Maâlias part à la rencontre d’une redoutable créature, dont les obscures divinations vont l’entraîner sur un chemin qu’il n’attendait pas. Avec la mort de sa mère et la libération des Trois Cités, Hemerod a pris la tête de ses armées pour affronter Kryom sur son propre sol. Un chemin semé de mille dangers qui le conduira vers un mystérieux lac, dont la légende prétend que les eaux seraient miraculeuses…

Avis


Cette fin m’a achevé. C’est rare qu’une trilogie me fasse cet effet là. Tenue en haleine jusqu’au bout malgré quelques longueurs, mais quel voyage ! J’ai bien cru que j’allais y laisser mon âme. Certains passages sont prévisibles mais la fin, je ne m’en remets toujours pas.Je ne saurais décrire ce que j’ai ressenti.Je suis passée par un tas d’émotion, du rire aux larmes, de l’agacement à la joie. Même mon corps frissonnait. Je vibrais avec chacun des personnages tellement c’était intense. C’est une histoire d’amour universel , d’âmes-sœurs, de flammes jumelles, de fraternité, d’amitié, d’ombre et de lumière, d’espérance, une quête initiatique ou chaque personnage en ressort grandit intérieurement. Ce qui m’a vraiment touché dans ce livre, c’est la façon dont l’auteur a su exploité cette légende. Il décrit vraiment le monde actuel avec des croyances qui me sont propres jusqu’à la dernière page. L’auteur a su développer un univers complexe mais si bien ficelé. L’écriture est toujours aussi fluide et gagne en maturité. C’est sombre et riche en rebondissements, en action, tout ce qu’il faut pour passer un agréable moment. Je suis un peu triste de laisser ce monde derrière moi, je n’avais aucune envie de quitter les personnages. Hemerod pour qui je me suis pris d’affection, Maalias dont le courage sans faille est exemplaire, Sisam pour sa capacité à garder son sang froid, Heylia pour sa fougue, Oros pour qui l’amitié n’a pas de prix. Ici point de héros mais des peuples qui se battent pour leur liberté. J’ai vraiment pris tout mon temps à la lecture pour m’imprégner de cet univers et pour ne laisser aucun détail m’échapper. Indéniablement une trilogie à ne pas manquer.