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La magie de l’écriture

La magie de l’écriture

Comment j’écris un livre ? Combien j’ai de carnets, de calepins, de cahiers ? Est-ce que j’écris la nuit ? Comment j’appréhende mes personnages ? Est-ce que j’aime les faire souffrir ? Est-ce que j’aime les fins cruelles ? Comment me vient l’inspiration ? Est ce que je carbure au café ? Je vous dis tout…

Chrysalide


Ma passion pour l’écriture a débuté quand j’étais à l’internat à Morteau ( Vous comprendrez pourquoi cette ville est si chère à mon cœur, c’est là que tout a commencé !!!) pendant mes longues heures d’études. J’avais trop peu de devoirs à faire à part mes gouachés de bijoux à réaliser, il fallait bien que je m’occupe l’esprit. Pour passer le temps, je me suis mise à écrire des poèmes.

Je ne dis pas que ma manière d’écrire est bien ou mauvaise, chacun ses méthodes ! Je suis ici pour vous partager mon processus et ma progression, libre à chacun de faire comme il le souhaite !

L’exploration, les idées : La matière


Je vais prendre exemple avec Ombrechêne, les « Chroniques d’une jeune elfe guerrière ». Je me suis lancée dans l’aventure sans savoir vraiment ou j’allais. A l’époque, j’étais dans une période un peu floue de ma vie, je venais de tout quitter pour revenir vivre en Normandie, ma région de naissance. Passons ce léger détail sans importance mais c’est ce qui m’a permis de me jeter à corps perdu dans l’écriture de ma trilogie. C’était comme un cri, un appel du cœur, une évidence. Il fallait que j’extériorise mes vieux démons.

Pour tout vous dire, je suis fleuriste, je sème les mots et les phrases comme on plante des fleurs dans un jardin. Je ne suis aucun plan d’écriture, j’écris à l’instinct, comme cela me vient, je vis l’histoire à travers mes personnages, et de mes émotions à l’instant T. Je pars d’une idée, d’un vécu et je laisse venir l’inspiration. De là naissent mes personnages principaux, des scénettes que je m’empresse de noter. Je me suis aperçu pendant l’écriture d’Ombrechêne que toutes mes histoires se reliaient les unes aux autres comme si inconsciemment tout était là depuis toujours. Pour moi, Ombrechêne a été une révélation dans le sens que j’écrivais des choses avant qu’elles ne se produisent dans la vraie vie. (Plutôt étonnant, me direz-vous !) La rencontre de mon héroïne avec certains des personnages de mon roman ont été une véritable révélation dans ma vie réelle. Suis-je voyante ? (Non je ne pense pas). Ce qui est certain, mon fil conducteur provient de mes rêves auxquelles je suis connectée depuis l’age de mes 12 ans mais que j’ai pris conscience quelques années plus tard ! (Je tairais le nom de la ville car je me répéterais si vous voyez ce que je veux dire !!! Oui, oui, j’ai une connexion avec le Haut-Doubs que je n’arrive pas à expliquer ! ) Mes songes m’envoient régulièrement des messages, des images et m’aident à l’écriture. (Comment ? je ne sais pas ! C’est un grand mystère !) Par exemple dans Ombrechêne, la bague Rin’ Ancalië que possède Lírîel est apparu dans mes rêves ! Je ferais un article à ce sujet sur les différents rêves qui m’ont amené à arpenter les sentiers de l’écriture.

Pour en revenir au sujet de départ, je pars du principe que le personnage principal doit grandir et arriver à une certaine maturité à la fin de l’histoire. Il faut qu’il traverse un certain nombre d’obstacles, d’émotions.( Sinon ce ne serait pas drôle !) Je confirme que j’aime bien jouer avec mes personnages, les torturer, parfois même un peu trop ! Peut-être est ce ma sensibilité accrue qui prend le dessus pour extérioriser mes émotions ? En tout cas, mes personnages ont parfois besoin d’un temps de repos pour trouver le vrai chemin.

En commençant, Ombrechêne, je savais déjà le nombre exact de mes personnages, le rôle qu’ils joueraient, tout était déjà prédéfini dans ma tête. Parfois certains sortent du cadre, et ils m’emmènent dans les frontières imprévisibles de mon inconscient. Et là, je vous avouerais que c’est la partie que je préfère dans l’écriture : l’improvisation. Je m’amuse avec mes personnages, je ne leur laisse aucun répit. J’ai toujours un bloc note que je traîne partout , j’ai des phrases, des mots qui me viennent à l’esprit à tout moment. En règle générale, j’ai déjà le nom de mon chapitre avant d’entamer l’écriture, je sais déjà sur quel thème je vais travailler et quels personnages seront présent lors de ma séance !

L’écriture, c’est une aventure fabuleuse qui nous pousse toujours vers l’avant, à sortir le meilleur de nous !

Alors oui, des tiroirs entiers sont remplies de calepins, de bloc notes, des cahiers, de feuilles volantes ! C’est un bazar sans nom, mais c’est rangé. (Je suis maniaque, un peu trop parfois ! ). La musique instrumentale est primordiale pour écrire, selon l’ambiance dans lequel se situe mon histoire : Nox Arcana, Amethystium, Adrian Von Ziegler, Peter Gundry, Clann, des bandes originales de films en tout genre. Je m’enferme dans mon atelier et je laisse entrer toutes les émotions, j’allume une bougie, je peux écrire 3 heures d’affilées si je ne suis pas dérangée. Accompagnée de ma tasse de thé et de ma bouteille au sirop de sapin (juste divin), je suis déconnectée du monde et seule avec moi-même, mon histoire, et mes personnages. Dès lors, mon téléphone est coupé.

Écriture, relecture : Le Sertissage, polissage

Ombrechêne, a été écrit en trois fois. Le premier jet comprenait toute la base et l’intrigue de fond, l’univers, l’ambiance. Le second jet reprenait toutes les incohérences, les développements des personnages. Le troisième jet, l’histoire a été creusée pour donner plus d’épaisseur et de relief . Pour que tout soit bien claire, j’ai réalisé un arbre généalogique, une chronologie, un index pour mes personnages, une carte, qui selon moi est indispensable pour se repérer.

Ensuite vient une relecture et la réécriture où je peux bien rajouter 20 à 30 000 mots. Il faut que j’avoue que j’ai un gros souci du détail. Je suis un peu comme un joaillier qui cherche la perfection à la réalisation de son ouvrage, je peux mettre des heures et des jours sur le même chapitre à trouver le bon mot, la tournure de phrase. J’ai mis 8 ans pour écrire Ombrechêne, mais pour ma défense, j’ai bien été 3 ans sans écrire, ayant une activité à coté. ( on lance les paris pour la sortie du prochain livre ! Combien d’années selon vous?!)

L’âme poète, toutes mes phrases ont été ciselées pour ajouter une dimension contemplative et onirique. Par contre, mon texte doit être lisible et aéré. Ma mise en page est une de mes priorités. Plusieurs relectures sont nécessaires pour alléger les adverbes, enlever les répétitions, et reformuler certaines phrases qui peuvent paraître lourdes de sens. Pour la correction, j’ai fais appel à différentes personnes, amis et connaissances. Il faut savoir qu’Ombrechêne a failli être édité par une maison d’édition scrupuleuse en 2017, à qui je n’ai jamais donné suite. A l’époque Ombrechêne aurait du être édité avec 200 pages sous le nom « Ombrelune ». Aujourd’hui, les « Chroniques d’une jeune elfe guerrière » ont été réécrite dans son intégralité et totalise 428 pages index inclus, prêt à être édité par l’imprimerie CORLET en Normandie, sous ma propre maison d’édition : Ombrefée éditions.

Pour les Mydrihades, le travail s’est avéré différent. J’ai établi un squelette de récit et je sais d’avance la direction que prendra l’histoire et quelles thématiques seront abordées, comprenant les embûches, les événements cruciaux, qui seront déterminants ! Même si je ne suis pas exactement la trame exacte de mon récit, les chapitres sont structurés. Ce principe m’a fait gagné en rapidité. Bon, j’avoue que sur ce coup là, la tournure des événements est différente de mon idée de départ.

Et pour finir, est-ce que j’aime les fins cruelles ? Je ne suis pas une lectrice qui aime les fins heureuses. Étant donné que je suis un peu torturée d’esprit, mes personnages peuvent connaître un destin tragique. Vous le découvrirez bien assez tôt en lisant Ombrechêne !

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Osukateï

Osukateï, L’Âme de l’Arbre-Mère,

de Geoffrey Legrand aux Editions d’Utoh

« – Tous les démons sont doués d’intelligence et parfois de paroles compréhensibles par les humains. Il y en a des solitaires, d’autres sociables et très hiérarchisés. Certains haïssent l’Arbre-Mère, la plupart la considèrent en égale, rare sont ceux à la défendre. Tous se méfient des hommes.
-Pourquoi?
Il s’amusa de ma question, je le soupçonne presque de l’avoir attendue. Il me regarda avec cet air malicieux du chenapan heureux de son tour.
– Nous sommes leurs rivaux. L’homme est sans doute le plus terrible des démons »

Résumé

J’ignore comment les historiens futurs me jugeront. Me verront-ils comme un despote, un tyran sanguinaire, une folle qui renversa le monde ? Ou bien mes actes auront-ils une telle portée qu’ils rachèteront mes crimes à eux-seuls ? Une chose est certaine, mon nom est gravé si profondément dans le bois de la déesse qu’une éternité serait insuffisante pour l’en effacer.
Fille de Seigneur, Luwise Sofunada est éduquée pour succéder à son père. En ce monde pourtant, nul pouvoir n’est héréditaire. Okateï, l’Arbre-Mère qui couvre la terre, désigne ceux qui auront la charge de protéger ses bourgeons. Luwise doit apprendre les devoirs d’une reine et mériter la confiance de la déesse pour hériter du trône.
Mais désire-t-elle réellement cette responsabilité ? Alors que son entourage la pousse dans cette voie, les questions se bousculent. Ses doutes atteignent leur paroxysme lorsque se révèle une connexion particulière avec la déesse. Un don que certains considèrent de mauvais augure.
Les jeunes années de Luwise Sofunada oscillent entre innocence et tragédie, aventure et conspiration. Ce roman d’apprentissage vous emmènera le long des Branches de l’Arbre-Mère, dans les tréfonds de la déesse Plante, à la recherche de l’âme humaine.

Avis


Osukateï nous plonge dans un monde empreint de poésie et de spiritualité, une réflexion basée sur le sens de la vie. La nature est prédominante et porteuse de vie, imposant ses choix puisque c’est elle qui décide. La plume de l’auteur nous emporte dans les profondeurs sylvestres où se déploie la canopée dans toute sa splendeur. Les couleurs sont intenses qu’on se croirait dans un conte de Hayao Myazaki. L’arbre-mère choisit les seigneurs de la branche. Le personnage de Luwise est intéressant tant elle évolue à travers des épreuves ayant un rapport avec l’arbre-mère. Promise à un grand destin et fille de seigneur, nous la suivons de sa tendre enfance jusqu’à ce qu’elle soit appelé à régner. A travers l’éducation qu’elle recevra, elle se confrontera à la vie : Le deuil, l’abandon, trahisons mais sa singularité lui donnera une force exemplaire. Le lien qui l’unit à la déesse est celui de l’espoir d’une nouvelle ère. L’auteur a su créer un univers riche avec une diversité de personnages, de créatures surprenantes et d’enjeux diplomatiques.

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Le Sang des Parangons

Le Sang des Parangons, de Pierre Grimbert,

aux éditions Mnémos

– Vous parliez d’un malaise dans ces couloirs. Si c’est la même chose qui donne force à mes visions, si vous les ressentez aussi, ça ne peut pas être qu’une histoire d’ambiance glauque, n’est-ce pas ? Il y a autre chose. J’en suis certaine.

Xack acquiesça lentement.

– Quelqu’un a un jour déclaré cette montagne « sacrée ». Il devait bien y avoir une raison.

– Et les autres parangons ? reprit-elle. Vous pensez qu’ils le ressentent aussi ?

L’arbalétrier se retourna sur la salle et ses campements improvisés. Les Urkhans et les chevaliers d’airain discutaient entre eux en s’espionnant du coin de l’œil. D’autres, neutres ou indécis, s’étaient réunis autour d’un troisième bivouac pour étaler leurs différences. Quelques solitaires tentaient de prendre du repos, comme le bonze au corps nu ou la mage des îles laiteuses. Marader faisait les cent pas devant le chemin qu’ils auraient à emprunter ensuite, en espérant toujours y voir réapparaître la duchesse d’Argent. Mais les éclaireuses n’étaient pas revenues de leur mission. Peut-être avaient-elles également dressé un campement, beaucoup plus loin. Ou peut-être pas.

– Ils le ressentent, garantit Xack. Tout le monde ici subit l’influence de cette roche maudite par des millénaires de massacres. Et plus nous allons avancer, pire ce sera.

Il plongea alors son regard dans celui de la prêtresse, ranimant les craintes qui l’habitaient.

– Préparez-vous, dès maintenant. Je le répète : toutes les batailles se gagnent d’abord dans la tête.

Résumé

Le monde des hommes est en train de s’effondrer. Et toutes les prières, tous les sacrifices, semblent incapables d’y remédier. L’humanité assiste, impuissante, à son crépuscule. Une dernière chose doit cependant être tentée. Une folie, à la hauteur de cette situation désespérée. Chaque nation, chaque territoire a ainsi désigné son champion. Certains sont des sages, des savants, ou des dévots. D’autres sont des mercenaires, des aventuriers ou des chevaliers. Il y a même des rois et des reines… Ils ne se connaissent pas, ils ont parfois des intérêts contraires, mais ils ont été réunis pour former le groupe des parangons. Une escouade d’exception dont la mission représente la dernière chance de survie de leurs peuples respectifs.Ensemble, ils vont devoir pénétrer la montagne sacrée, siège du palais souterrain des dieux. Et s’ils parviennent jusqu’aux éternels, malgré les dangers légendaires que renferme cet endroit, ils devront les convaincre de sauver leur monde agonisant. En les suppliant… ou bien en les défiant, si nécessaire. Mais combien de parangons verront leur sang versé sur le chemin, pour permettre aux autres de continuer ? En restera-t-il un seul, qui pourra prouver que l’humanité mérite vraiment d’être sauvée ?

Avis


Mon avis est mitigé dans le sens où j’ai trouvé l’écriture lourde et l’atmosphère étouffante. L’intrigue est basée principalement sur la réflexion. Pourtant l’histoire était bien exploitée avec un personnage différent, contant leurs histoires, leurs raisonnements et leurs raisons de leurs présences dans cette aventure. La montagne sacrée est animée d’une vie propre avec ses codes et ses lois. J’étais intriguée de voir comment les parangons pouvaient s’en sortir, confrontés aux différents éléments de la nature, aux monstres cachés dans les couloirs, à leur propre folie. Il est question de survie puisque presque dans tous les chapitres, un personnage mourait dans d’atroces conditions. J’ai beaucoup aimé la psychologie des personnages entre ceux qui sont arrogants et d’autres pour qui on prie par peur qu’ils meurent. C’est avant tout une aventure humaine oppressante à la conquête des dieux mais ô combien, cette fin est décevante pour ma part ! Je m’attendais à un message spirituel, une rencontre avec les Dieux, un espoir vain alors que la fin résume bien la triste réalité de notre monde

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La Fille du Vent, Tome 3,

La Fille du Vent, Tome 3

écrit par Cécile Dorémus chez Rebelle Editions

« N’oublie pas d’avoir foi en ta destinée… Le vent te portera »

Résumé

Après de nombreuses épreuves, Kyria a enfin pu accéder à la signification du troisième tome de la prophétie. Le verdict est sans appel : elle doit retourner à Nisuve pour détruire le Listarc, le joyau le plus puissant de tous les temps. Mais sa mission exige d’importants sacrifices… Pour aller au bout de sa quête, le vent lui demandera d’affronter ses peurs les plus sombres. Jusqu’où devra-t-elle aller pour accomplir sa destinée ?

Avis


Quel bonheur de retrouver Kyria, Luka, Seth, Faustine et toute l’équipe ! La route est encore longue pour Kyria afin de détruire le Lirstac et accomplir la prophétie. Cécile donne du fil à retordre à nos protagonistes : Le deuil, la famille, autant de thématiques qui impliquent des décisions et des choix importants pour leurs destinées mais leurs solidarités et leurs courages sont exemplaires. Ici , Kyria renoue avec son don de communiquer avec le vent et en ressort grandit. Plus elle avance vers son but afin de libérer les peuples endoctrinés sous le joug de Cardose, plus elle s’affirme. Elle est prête à sauver le monde au point d’y laisser sa vie. Sa sensibilité la met à rude épreuve mais son bon sens pour la survie du monde la rend humaine, attachante. Elle m’a émue à plusieurs reprises. C’est un vent de douceur dans une enveloppe de tendresse que l’autrice nous conte leurs aventures avec toujours cette part de bienveillance, de sagesse et de maturité. J’ai beaucoup aimé l’épilogue qui nous laisse sur une fin ouverte. Peut-être aurons-nous une suite?

Etes-vous prêt(e)s à suivre les aventures de Kyria ?

Une belle trilogie que je vous recommande chaudement.

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L’hiver de la sorcière

L’hiver de la sorcière,

écrit par Katherine Arden

« Peut-être que nous pourrons former un pays en secret, un pays d’ombres, derrière et en dessous de celui de Dimitri. Parce qu’il devra toujours y avoir un pays pour les tchiorti, pour les sorcières et les ensorceleurs, et pour les partisans de la forêt ».

Résumé

Moscou se relève difficilement d’un terrible incendie. Le grand-prince est fou de rage et les habitants exigent des explications. Ils cherchent, surtout, quelqu’un sur qui rejeter la faute. Vassia, avec ses étranges pouvoirs, fait une coupable idéale. Parviendra-t-elle à échapper à la fureur populaire, aiguillonnée par père Konstantin? Saura-t-elle prévenir les conflits qui s’annoncent? Arrivera-t-elle à réconcilier le monde des humains et celui des créatures magiques? Les défis qui attendent la jeune fille sont nombreux, d’autant qu’une autre menace, bien plus inquiétante, se profile aux frontières de la Rus’.

Avis


L’hiver de la sorcière est un entrelacs de passion et de colère, de peur et d’espoir fragile J’ai été emporté dans l’histoire comme le courant de la rivière jusqu’à la dernière ligne. J’ai adoré plonger dans la Russie Médiévale, découvrir les esprits du Folklore mélangée à une trame historique et une touche de poésie. Le conte est omniprésent dans ce tome : les chevaux qui deviennent oiseaux, la minuit qui devient un lieu, un fabuleux champignon qui prend part à la sauvegarde de la Russie. Vassia gagne en maturité et s’affirme tant elle se sent impliquée par les événements. Elle n’hésite pas risquer sa vie pour sauver ce qu’elle aime. On tremble à ses côtés mais chacune des situations la rend encore plus forte. Je suis passée par toutes les émotions. Entre Sacha et Soloveï, leurs relations m’ont percées le cœur. Cette lecture me laisse un grand vide tant j’ai été imprégné par les personnages, l’atmosphère. Cette collision entre le chaos et la magie, c’était violent et beau à la fois.

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La fille dans la tour

La fille dans la tour,

écrit par Katherine Arden, aux éditions Denoël

« Dans une forêt, en pleine nuit, une jeune fille chevauchait un cheval bai. La forêt n’avait pas de nom. Elle était située très loin de Moscou – très loin de tout – et l’on n’entendait que le silence de la neige et les bruissements des arbres gelés.

Il était presque minuit, cette terrifiante heure magique, dans cette nuit que menaçaient le froid, la tempête et les profondeurs d’un ciel aveugle. Et pourtant, la jeune fille et son cheval progressaient à travers les arbres, obstinément. »

Résumé

La cour du grand-prince, à Moscou, est gangrenée par les luttes de pouvoir. Mais pendant ce temps, dans les campagnes, des bandits inconnus et invisibles incendient les villages, tuent les paysans et kidnappent les fillettes. Le prince Dimitri Ivanovitch n’a donc d’autre choix que de partir à leur recherche s’il ne veut pas que son peuple finisse par se rebeller. En chemin, sa troupe croise un mystérieux jeune homme chevauchant un cheval digne d’un empereur. Le seul à reconnaître le garçon est un prêtre, Sacha. Et il ne peut révéler ce qu’il sait : le cavalier n’est autre que sa plus jeune soeur, qu’il a quittée des années plus tôt, alors qu’elle n’était encore qu’une fillette, Vassia.

Avis


Contrairement au tome 1, La fille dans la tour nous fait découvrir la Moscovie médiévale, avec ses contes et légendes empruntés au folklore, basé sur des faits historiques. Dans une langue fluide et ensorcelante, l’auteure nous livre une description documentée de la russe médiévale, d’ intrigues et de rivalités politiques au moment où la Russie est un état vassal de l’état Tatare. Il est question aussi d’esprit et de dieux disparaissant peu à peu devant la puissance de la religion chrétienne. Les êtres surnaturels s’amenuisent au détriment des chrétiens qui ne croient plus en leurs existences. L’auteure nous dépeint l’existence des femmes aristocrates recluses dans leur terem, d’enjeux politiques sans que le récit soit lourd ni ennuyeux et d’héritage familial. Ce deuxième opus est une réussite et une belle découverte qui m’a beaucoup séduite. Après les événements survenus dans son village, Vassia est partie à l’aventure dans les forêts froides pour découvrir le monde. Vassia n’étant pas disposée à suivre les directives de cette société, elle se déguisera en garçon et engendra sur son passage des situations impossibles. Impétueuse et aussi fougueuse que son cheval magique, Vassia nous entraîne dans une épopée riche en rebondissement avec un rythme trépidant. Sans oublier Morozko pour qui j’ai une certaine fascination. Pour notre plus grand bonheur, le démon du gel devient un personnage complexe qu’il en est attachant.

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Mémoires de la Forêt,

Mémoires de la Forêt, Les souvenirs de Ferdinand Taupe

écrit par Mickael Brun-Arnaud

illustré par Sanoe,

« Le livre expliquait bien que, même si tous les vieux animaux perdaient la mémoire et « déraillaient du ciboulot », la maladie de l’Oublie-tout était une forme plus grave que les simples oublis de la vieillesse: c’était prendre un train en aller simple vers son passé, sans espoir de retour, un périple dont les gares disparaissaient au fur et à mesure du trajet… »

Résumé

Dans la forêt de Bellécorce, au creux du chêne où Archibald Renard tient sa librairie, chaque animal qui le souhaite peut déposer le livre qu’il a écrit et espérer qu’il soit un jour acheté. Depuis que ses souvenirs le fuient, Ferdinand Taupe cherche désespérément à retrouver l’ouvrage qu’il a écrit pour compiler ses mémoires, afin de se rappeler les choses qu’il a faites et les gens qu’il a aimés. Il en existe un seul exemplaire, déposé à la librairie il y a des années. Mais justement, un mystérieux client vient de partir avec… À l’aide de vieilles photographies, Archibald et Ferdinand se lancent sur ses traces en forêt, dans un périple à la frontière du rêve, des souvenirs et de la réalité.

Avis


Nom d’un pépin de pomme, que ce livre est merveilleux !

Mémoires de la forêt est un livre rempli d’émotions, de poésie, de bienveillance autour de la maladie dégénérative de l’oubli -tout qui n’est qu’autre celle d’Alzheimer.

Cette quête que Ferdinand Taupe et Archibald Renard vont entreprendre nous embarquent dans la forêt de Bellecorce à la rencontre de divers personnages tout aussi attachants. Ce que j’aurais aimé rencontrer Ferdinand Taupe pour l’aider à retrouver ses mémoires, il était si perdu, j’avais mal pour lui. Archibald m’a touchée pour sa sagesse, sa patience, son amitié. J’ai une tendresse infinie pour ces deux personnages qui me rappellent le lien que l’on peut avoir avec un grand -père, ( ne me demandez pas pourquoi mais Ferdinand m’a renvoyé à cette figure familiale ) même si dans le livre, les deux personnages sont amis. L’auteur a su retranscrire grâce à sa plume une sincérité profonde sur l’amitié qui résiste au temps, l’amour et la tolérance. C’est une belle leçon de vie. Les illustrations apportent une lueur poétique et m’ont donné une envie de traverser les pages pour me retrouver dans cette belle forêt aux couleurs chatoyantes à la rencontre de tous ses personnages. Ce livre est vraiment à découvrir. J’ai pleuré des larmes de tristesse, de joie et d’espoir. Un seul mot : Magnifique

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Le bois écarlate

Le bois écarlate, écrit par Maude Elyther

aux éditions Kiwi

« La brume vaporeuse porte le parfum suranné d’anciens contes. A la surface de l’eau, l’astre lunaire et ses joyaux reflètent leur froide beauté cosmique. La terre déploie la richesse de sa carnation noire, dans laquelle une pléiade d’arbres centenaires et leurs descendants prennent profondément racines. Les plantes sauvages et autres herbes de sorcières prolifèrent en soupirs alanguis. Bienfaits et poisons se côtoient tels des siamois. Dans ce décor de minuit, une Fumerolle Noire se matérialise. Drapée d’interminables voiles nébuleux, une silhouette évolue parmi la flore. »

Résumé

Un bois inquiétant, des disparitions d’enfants, un romancier en manque d’inspiration perdu, isolé dans une forêt qui n’a rien de naturel…La ville de Treffendel est entourée par un bois qui se teint entièrement de rouge lors de l’automne. Nombre de mystères et de légendes urbaines gravitent autour de lui, mais ses secrets restent cependant bien gardés. Charlie Holzl, un auteur baroudeur qui s’inspire d’histoires sordides pour écrire ses romans, revient à Treffendel où, quelques mois plus tôt, s’est passé un événement macabre : la mort violente de deux enfants.Sous prétexte d’écrire un nouveau livre, Charlie se lance dans une enquête qui le conduira au cœur des mystères du bois, sur les traces d’un animal merveilleux doté de parole.

Avis


Le bois écarlate est un livre sombre et onirique mâtinée d’une part horrifique où la nature est représentée comme une chimère, une fascination, une personne à part entière. Le bois revêt son manteau écarlate et nous envoûte. Le rouge est prédominant et prend plusieurs symboliques à mon sens : le sang, la passion, l’amour, la folie, le crime. La sylve rouge est un réceptacle de fragments de vies incroyables où des monstres chimériques s’esquissent en filigrane et nous perd entre rêve et réalité. J’ai aimé le côté enchantée comme la partie brumeuse et plus inquiétante d’illusions prégnantes. Entre songe fantasmagorique et réalité, l’auteure nous dépeint une atmosphère vaporeuse tout en subtilité. J’ai parcouru ce livre comme une peinture contemplative. C’était beau, mélancolique, touchant par les différentes thématiques abordées. Par contre cette fin me laisse interrogative et laisse beaucoup de questions sans réponses.

Petit aparté : Je dois avouer que la référence à Jared Leto m’a fait plaisir.

Les contes d’ Elfëllía
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Murmures de l’océan

Murmures de l’Océan

écrit par Ophélie Duchemin aux Éditions Plume blanche

« Le chant qui s’éleva des abysses fut comme ces rêves qu’on ne capturait jamais vraiment, ces fils oniriques qui tissaient la toile d’une histoire qui avait franchi toutes les barrières, celles des Hommes et de la mer, tandis que les murmures de l’océan emportaient avec eux cet amour né de deux âmes liées par-delà les mondes. »

Résumé

Haine. Vengeance. A l’heure où la voix de l’océan lui a été arrachée, emportant son innocence et sa naïveté, Ayleen foule à nouveau la terre des Hommes, prête à tout pour retrouver ceux qui ont anéanti son existence. Mais quand le destin la ramène vers Éric, celui qu’elle fuit depuis si longtemps, le cœur des abysses s’apprête à se soulever en un chant funèbre, menaçant de détruire tout ce qu’elle est… jusqu’à son âme

Avis


Un livre où les émotions vous prennent à la gorge au risque de vous noyer dans les sanglots de l’océan tant Ayleen et Éric nous touchent par leurs troubles passés et leurs traumatismes. J’ai beaucoup aimé comment l’auteure nous décrit la blessure du rejet, c’est tellement réaliste. J’ai ressenti de l’affection pour Ayleen tant elle est vibrante de caractère, de force et de fragilité. Eric est authentique, d’une sincérité pure et on apprécie sa compagnie. Deux caractères différents que tout oppose liés par un lien d’âme et dont la vengeance brûle entre leurs mains. L’auteure nous surprend par cette impossible histoire d’amour, poignante de vérité tant les sensations sont décuplées par la magnifique plume poétique et les métaphores employées. Si bien que cette histoire d’amour prend tellement d’importance que j’ai trouvé dommage que l’intrigue principale soit laissé en suspens pendant une bonne moitié du livre. Ça m’a fait pareil avec le premier tome, c’était redondant à souhait et casse la dynamique de lecture. C’est mon ressenti mais au delà de ça, ce livre est une merveille et la meilleure réécriture de conte que j’ai lu à ce jour. Si vous voulez une belle réécriture de la petite sirène, plongez aux côtés d’Ayleen dans les profondeurs abyssales au risque de perdre votre âme pour toujours.

Les contes d’ Elfëllía